Aujourd'hui, les documents réalisés avec des ordinateurs sont omniprésents ; les manuscrits ont presque disparu hors du cadre scolaire (où on pousse de plus en plus les élèves à rendre des productions dactylographiées — ne parlons pas du supérieur où, à part les rapports de travaux pratiques rendus sur place, tout sort d'un ordinateur). Malgré cela, on enseigne rarement l'utilisation d'un traitement de texte de manière correcte (combien de gens mettent le texte en gras et 16 pt pour un titre alors qu'il faudrait appliquer le style « titre » et le modifier ensuite ?).

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Étymologiquement, « typographie » signifie « art d'imprimer ». C'est un mot apparu au XVIe quand l'imprimerie fut inventée en Europe (rappelons que les Chinois la connaissaient déjà depuis notre Antiquité). À l'époque, les imprimeurs utilisaient des petits morceaux de plomb qui portaient un caractère sculpté, qu'on appelle « caractère » ; ces caractères étaient agencés sur une grille qui est ensuite enduite d'encre et plaquée sur une feuille. L'agencement des caractères est très difficile et constitue un métier spécifique.

Il saute aux yeux que certains textes sont plus agréables à l'œil que d'autres. Si on compare un livre quelconque à un rapport quelconque d'un employé quelconque, le livre sera plus agréable à regarder et à lire que le rapport, sans même faire attention au contenu. Le fait est que les éditeurs, en bons professionnels, se doivent de respecter certaines règles de présentation, que la plupart des gens ignorent. Ce sont ces règles qui font toute la différence entre un texte bien présenté, lisible et donc compréhensible, et un autre difficile à lire. L'ensemble de ces règles se nomme l'orthotypographie (ce qui signifie « bonne typographie », à l'instar d'« orthographe », signifiant « bonne écriture »).

Pourquoi ne respecte-t-on pas ces règles ? Il y a plusieurs raisons. La première est l'ignorance de l'existence même de ces règles ; la seconde est que, depuis un certain temps, des anglicismes typographiques sont apparus. Ils sont, inconsciemment, devenus la règle, car à l'instar des anglicismes habituels, il sont considérés comme « faisant plus professionnel ».

Il est parfois impossible de respecter les règles de typographie : le système sur lequel on travaille ne dispose pas forcement de tous les outils nécessaires, ou le système auquel est destiné la production demande des règles spécifiques (comme la Poste). Il s'agit d'exceptions et on doit de toute façon faire en sorte de respecter au mieux les règles.

Le but de cet article est d'enseigner ces règles de bonne typographie. Tout ce qui est écrit peut être mis en pratique avec n'importe quel logiciel de traitement de texte, et même à la main. Le problème peut venir de la difficulté à produire des caractères « spéciaux » (qui ne le seront plus ensuite, bien sûr !).


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