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L'art de l'impression

L'art de l'impression

Mis à jour le mardi 19 novembre 2013
  • 2 heures
  • Facile

Bonjour à tous,

Dans ce tutoriel nous allons apprendre à préparer des fichiers pour une impression faites chez un imprimeur professionnel. Le but de ce tuto est de vous faire découvrir le monde de l'impression si vous ne le connaissez pas et de vous donnez les règles de bases qui vont vous permettre de connaitre le quotidien des imprimeurs.

J'écris aussi ce papier suite aux nombreuses rencontres que j'ai pu faire avec des gens qui commencent à vouloir imprimer chez des pros sans avoir la méthode de travail. C'est courir à la catastrophe.
La plupart des principes que j'explique sont valables pour tout type d'impression et avec n'importe quel logiciel. Néanmoins je serai plutôt axé Adobe Illustrator puisqu'il est utilisé au quotidien par une majorité de graphiste print. En revanche certains support print sont préparés avec d'autres logiciels (Adobe Indesign, Quark Xpress ... ). Il faut plutôt chercher à comprendre la méthode de travail que de suivre un tuto presse-bouton.

J'aborde en une sous partie les concepts auxquels Berzy consacre un mini-tuto dans son tutoriel sur Photoshop, c'est donc une très bonne lecture que je vous recommande en parallèle ou en supplément si vous voulez en savoir plus.

C'est parti :) .

Notions de base

Le but de cette partie est de vous introduire les notions théoriques de base de l'impression pour que vous sachiez de quoi je parle dans la suite du tuto.

Dans ce tuto, j'entends par produit toute création rendu sur un support print (papier, affiche, tissu ...) déterminée par un client (ou vous-même) avec une certaine qualité et un certain budget. C'est le fruit du service que vous offrez ou que vous vendez.

Bitmap vs vectoriel

Je ne souhaite faire un cours entier là-dessus, juste vous donner les principales notions. En fait, dans le monde de l'informatique, il y a deux types d'images. Celles dites bitmap qui sont une succession d'informations de couleur (ou de niveaux de gris) par exemple :

Pixel 1 -> Bleu
Pixel 2 -> Bleu Verdâtre
.
.
.
Pixel 35 654 -> Noir

Ce mode de fonctionnement est très pratique à manipuler puisque l'ordinateur peut facilement faire des moyennes de pixels (flou), des filtrages par couleurs, etc. Néanmoins, le désavantage de cette méthode est que la taille d'une image est fixée. Si on essaye de réduire l'image, l'ordinateur va faire des moyennes de pixels ou en supprimer certains, ce qui dégrade la qualité. Et si on essaye d'agrandir l'image l'ordinateur va essayer de deviner les pixels manquants. Plutôt problématique...

C'est pour cela que l'on a inventé l'image vectorielle qui est définie comme un résultat d'opération sur des formes. L'ordinateur considère alors chaque image comme la somme de rectangles, d'ellipses... L'avantage est que ces formes sont agrandissables facilement. Si je vous donne un carré de 1cm x 1cm, il vous est facile de l'agrandir d'un facteur de quatre. Pour l'ordinateur c'est la même chose.

Conclusion : on va travailler autant que possible en vectoriel pour tout ce qui est aplats de couleurs, fonds et formes de bases et on travaillera en bitmap uniquement pour les photos ou les ressources extérieures provenant de clients.

Densité de pixel

Image utilisateurUne même image avec une résolution qui diminue
vers la droite (Wikimedia commons).

La densité de pixel ou résolution d'une image correspond au nombre de pixels définis dans un espace clos. En clair, on l'exprime souvent en Points Par Pouce (PPP) ou en Dot Per Inche (équivalent anglais). C'est un nombre qui nous renseigne sur la quantité d'informations qui sert à décrire une image. Si ce nombre est faible, on a peu d'informations par pouce et donc celles-ci vont avoir tendances à se voir si on se rapproche du support. Par exemple, lorsque vous vous approchez de votre télé vous allez pouvoir discerner les couleurs (RVB) qui composent l'image affichée. Cela à été conçu de telle manière à ce qu'à une certaine distance normale d'utilisation un humain ne peut discerner les pixels.

On considère que 300 dpi est un nombre correct pour un support tenu à environ 25cm des yeux ce qui est relativement proche. Plus la distance augmente, plus le nombre de dpi peut diminuer puisque notre œil devient moins sensible aux détails. Les écrans d'ordinateurs ont généralement une résolution d'affichage de 72 dpi dans leur définition native, en revanche cela peut changer en fonction des réglages de l'utilisateur.

Artefacts JPEG

Image utilisateurCompression JPEG de plus en plus forte
vers la droite (Wikimedia Commons).

Le format d'image JPEG est un format destructif, autrement dit il compresse (et non compacte) l'information en supprimant certaines sections jugées inutiles au profit du poids du fichier. Le problème bien connu des artefacts JPEG est représenté ci-dessous, il provient de l'algorithme associé au JPEG et empire avec le nombre d'enregistrements d'une même image et la qualité choisie dans le logiciel de retouche d'image.

Sachez donc qu'il faut faire attention quand quelqu'un vous transmet une image au format JPEG, si celle-ci a été fortement compressée, cela pourrait nuire à la qualité de votre travail final.

Le Papier

L'un des facteurs principaux qui va déterminer la qualité de votre produit print c'est le papier sur lequel vous allez imprimer votre produit. Il en existe tellement de sortes qu'il est impossible de faire une liste, néanmoins certains points sont importants. Vous pouvez généralement demander aux imprimeurs des échantillons de travaux réalisés ou de papiers vierges, cela vous permet de vous donner une idée du résultat. Voilà certains critères importants qui définissent un papier :

  • Son grammage (ou force de papier) : c'est la masse surfacique souvent exprimée en g/m². Plus ce nombre est grand, plus le papier est dense et donc dur à plier, il se rapproche alors du carton. Pour vous donner un ordre d'idée le papier cigarette a un grammage de 5g/m², du papier classique (papier machine) d'imprimante est à 80g/m², un flyer est généralement à 135g/m² et une carte de visite à 350g/m². Ce sont des ordres d'idées uniquement. Pour vous habituer, essayez de deviner le papier utilisé pour les flyers ou les cartes que vous recevez (street marketing ...). Ce facteur n'est pas le seul à jouer sur l'impression de dureté puisque cela dépend aussi (de façon minime) des encres et du traitement.

  • L'opacité : si vous débutez vous n'aurez à faire qu'a du papier opaque mais sachez que parfois on peut travailler sur des papiers plus spéciaux (pour les autocollants de voitures, par exemple) ou bien sur des tissus transparents.

  • La brillance : souvent exprimée selon une échelle subjective (mat, semi-mat, brillant ...), elle donne un style différent à chaque papier.

  • La blancheur : contrairement à ce que l'on pense, tous les papiers n'ont pas le même blanc, certains sont plus gris que d'autres. Les papiers recyclés ont aussi parfois une teinte jaune très pâle ou gris léger. C'est un critère à prendre en compte si on voit une grande surface de papier vierge (ex : papier à en-tête).

Offset vs couché

Ce sont deux types de papier différents qui sont souvent clairement séparés chez les imprimeurs. Un papier offset est un papier classique (type papier machine), il convient tout-à-fait pour tout ce qui est documents de bureaux, comme par exemple les papiers à en-têtes ainsi que pour certaines cartes de visites.
Un papier couché est un papier qui est traité avant l'impression afin d'offrir une meilleur répartition de l'encre (c'est ce qui détermine l'homogénéité des couleurs que nous verrons plus loin). Il peut être mat ou brillant et confère une netteté dans les contours d'impression et ne donne pas l'impression de "taches" que l'on peut constater chez soi sur une imprimante à jets d'encre avec du papier offset. C'est un papier de plus haute qualité.

Il existe surement autant de papiers différents que d'imprimeurs. Si possible, réunissez des échantillons de papier de vos différents fournisseurs pour mieux les connaitre.

Traitements spéciaux

Un même papier peut donner des résultats différents en fonction du traitement qu'on lui applique. On trouve de nombreux traitements qui sont généralement chers, mais qui donnent un effet particulier au produit. On trouve par exemple le vernis UV, qui consiste à rajouter de façon sélective (sur certaines zones) un vernis (mat ou brillant) afin de donner une certaine texture au produit (carte de visite par exemple).

Impression en amalgame

L'impression en amalgame consiste a imprimer simultanément sur une même feuille plusieurs produits de clients différents. Concrètement, cela veut dire que l'imprimeur va réunir plusieurs commandes de même grammage et de même mode (quadricouleur) pour les imprimer en même temps sur une même feuille et ainsi faire des économies de papier (en imbriquant les produits correctement) et de temps (pas besoin de recalibrer...). Cela est assez courant en imprimerie et est souvent précisé sur le catalogue ou le devis. L'opération qui précède l'impression est alors la réalisation de l'amalgame par l'imprimeur. Cette technique est courante surtout pour les petits produits (cartes de visites et papiers A4).

Avant la création

Avant de commencer à créer votre affiche ou votre flyer il faut commencer par savoir sur quel genre de support vous allez devoir travailler et de préférence le nom de l'imprimeur final. Pourquoi ? Tout simplement parce que on n'aborde pas de la même façon un flyer qui sera imprimé en noir et blanc recto uniquement sur du papier machine qu'une affiche 4m x 3m qui sera imprimée en couleur et collée dans toute la ville.

L'important avant de se lancer est de connaitre les informations suivantes :

  • Support(s) de diffusion : flyers, affiches, banderoles...

  • Conditions d'impression : quadrichromie, vernis sélectif, pelliculage...

  • Papier : grammage, traitement, couleur, nacrage...

  • Informations complémentaires : nom de l'imprimeur, quantité(s), date limite...

Une fois toutes ces informations réunies, vous allez pouvoir commencer à travailler correctement. Si vous avez un doute, l'imprimeur pourra surement vous renseigner sur les normes qu'il applique (format de fichier, traits de coupe, etc). C'est pour cela qu'il est assez cool de savoir qui imprime.

Maintenant, il s'agit de créer le document correctement. Par exemple, dans Illustrator je vais choisir Document Imprimé au lancement. On me propose de régler les paramètres de taille, de largeur, de hauteur, de mode et de densité de pixel. Il faut alors configurer tous ces paramètres selon les informations que vous avez relevées.

Par exemple, on me demande de faire un flyer quadrichromie recto uniquement A6 imprimé en 10 000 exemplaires sur du papier classique blanc 135g par l'entreprise Imprimeur Père et fils. Je vais alors rentrer les paramètres suivant :

  • Nom : Flyer Concert Teletubbies

  • Largeur : 105 mm

  • Hauteur : 148 mm

  • Mode : CMJN

  • Effet de pixelisation 300 dpi

Une fois le tout validé, vous pouvez commencer votre création correctement.

Pendant la création

On passe à la phase la plus importante pour le graphiste.

Images

Juste un petit rappel : toutes les images que vous trouvez sur internet ne sont pas libres de droits et certaines sont sous licence, veillez donc à respecter celle-ci et à ne jamais fournir à un imprimeur un travail dont il existe une partie pour laquelle vous n'avez pas d'autorisation.

Si vous prenez des images d'internet (payées ou libres) ou de votre stock personnel, veillez à ce qu'elles soient de taille suffisante, puisqu'avant de les intégrer à votre création, il faut vérifier qu'elles sont à 300 dpi (dans votre logiciel de traitement d'images favori) et en mode CMJN si ce sont les paramètres avec lesquels vous travaillez dans Illustrator.

Passage en CMJN et 300dpi dans Photoshop

Après avoir ouvert une image on peut savoir sans cliquer si l'image est en CMJN ou en RVB (ou niveau de gris), c'est très pratique pour gagner du temps (surtout quand vous avez 90 images à faire :p ). Pour cela il suffit de regarder dans la barre d'informations propre à l'image (cf. image).

Image utilisateur

Barre d'information de l'image.

Ici, mon image est en RVB, je vais donc la passer en CMJN. Pour cela on va dans Image > Mode et on sélectionne CMJN.

Image utilisateurPassage de RVB à CMJN.

Une fois cela fait, on va regarder si l'image est à 300 dpi ou à 72 dpi (ou à une autre valeur). Pour cela on va dans Image > Taille de l'image (Alt + Ctrl + I) et on trouve l'information dans la case résolution. Dans mon exemple, l'image est à 72 dpi. Je vais donc la passer en 300 dpi. Pour cela je désactive le Rééchantillonnage de Photoshop pour qu'il ne touche pas aux informations (moyenne des pixels pour une réduction ou prédiction pour un agrandissement). De ce fait mon image garde sa qualité d'origine et je n'ai plus qu'à rentrer 300 dpi dans le champ. Comme on peut s'en douter, la taille de l'image (ici en cm) est réduite puisque je "concentre plus" les pixels (j'augmente la densité). La taille est réduite d'un facteur de 4,16 (300/72). Pour vérifier que vous ne vous êtes pas trompé, il suffit de regarder si votre image a une taille quatre fois plus petite (ici c'est bon). Il ne reste plus qu'à valider.

Image utilisateurImage utilisateurPassage de 72 dpi à 300 dpi. La taille à diminuée mais pas le nombre de pixels.

Passage en CMJN et 300dpi dans The GIMP

De même que dans Photoshop, on trouve une barre d'informations qui nous dit si l'image est en RVB ou en CMJN.

Image utilisateur

Barre d'information dans The GIMP.
Premièrement sachez que The GIMP ne gère pas le CMJN par défaut sur les versions 2.X, mais il me semble que cela devrait être intégré à la version 3.0. Pour contourner ce problème des utilisateurs ont écrit un plugin. La première version s'appelait CMJN Separate et est maintenant obsolète et il faut utiliser CMJN Separate+, il est disponible ici. Je vous laisse vous référer à la documentation pour plus d'informations, mais l'utilisation est quasiment la même que sous Photoshop : Image > Proof pour avoir un aperçu du rendu en CMJN et Image > Separate pour exporter le fichier en CMJN. Il est disponible pour Windows et Linux, mais il semblerait qu'il faille le compiler soi-même pour ce dernier.

Pour passer en 300 dpi, il suffit d'aller dans Image > Taille de l'impression et de changer les valeurs de résolution (300 chacune). Notez qu'ici aussi la taille est divisée par quatre et que l'on a changé la résolution indépendamment sur chaque axe (inutile pour ma part mais si quelqu'un peut éclairer ma lanterne).

Image utilisateurImage utilisateur

Passage de 72 dpi à 300 dpi dans The GIMP.

J'ai donné les explications sur ces deux logiciels, car se sont les plus utilisés de mon point de vue et que je sais comment faire. Dans les autres logiciels offrant ces options les menus doivent êtres plus ou moins semblables. Si ce n'est pas le cas, je suis sûr que Google a la réponse. ;)

Média

Les médias sont les sources avec lesquels vous travaillez (photos, typos, vidéos...). Si vous éditez un média dans Photoshop alors que celui ci est utilisé dans un autre logiciel d'Adobe (After-effects, Illustrator et InDesign, notamment) et que vous sauvegardez cette modification (passage en CMJN par exemple), le second logiciel va vous le notifier par une boite de dialogue en vous demandant s'il faut mettre à jour le média. C'est une fonction très utile quand on utilise plusieurs logiciels à la fois. Toutefois, si le logiciel ne le propose pas automatiquement il est possible de le faire à la main.

Mise à jour en manuel des médias dans Illustrator

Pourquoi ne pas supprimer l'ancien média et importer le nouveau ?

C'est une bonne solution si vous avez juste importé une image, en revanche si vous avez apporté des modifications (échelle, ombre, etc) il faudra tout recommencer. Avec la mise à jour des médias, les logiciels Adobe se débrouillent pour appliquer tous les effets que vous aviez appliqué auparavant. Cela ne fonctionne pas toujours très bien mais ça peut vous faire gagner du temps.
Image utilisateur
Mon image avec ses filtres.

Par exemple, je viens d'importer une photo sur laquelle j'ai appliqué le filtre aquarelle ainsi qu'une ombre portée, mais le client me demande une photo plus sexy pour attirer le client. Je vais donc changer mon média de façon à ne pas refaire mes effets. Pour cela, j'ouvre la fenêtre Lien en faisant Fenêtre > Lien . Cela me permet de voir tous les médias que j'utilise et même de le retrouver sur le disque. Pour éditer le lien, il faut cliquer sur le 1er bouton de la fenêtre de lien. Je choisis ma nouvelle image dans la boite de dialogue qui s'est ouverte. Et hop ! :magicien: Magie, Illustrator ré-applique mes filtres sur ma nouvelle image.

Image utilisateurImage utilisateurImage utilisateurÉditer un lien | Le traitement des filtres | Ma nouvelle image

De même, vous pouvez remplacer votre média par un autre si vous avez enregistré vos modifications dans un autre fichier en éditant le lien et en le faisant pointer vers un autre fichier. Cette technique est valable dans InDesign et After Effects (et probablement dans les autres logiciels Adobe).

Les marges et les débords

Les marges et les débords sont des élément peu ou pas respectés par les graphistes débutants alors que c'est un point très important pour l'impression.

Les marges

Il existe un règle très simple : ne rien placer d'important à 3mm des bords. C'est-à-dire qu'à l'intérieur de votre création, le moindre élément doit être à 3mm du (des) bord(s) le(s) plus proche(s). Cela s'applique à tous les éléments sauf le fond et les éléments prévus pour être coupés. Il faut surtout faire attention aux textes, aux logos des partenaires (souvent en bas), et aux conditions des offres (idem). En effet, ça m'étonnerait que votre partenaire qui vous a offert 1000€ pour l'impression de vos flyers aimerait que son logo soit coupé.
Si vous travaillez sur des documents à une page ou recto-verso, placez des règles à 3mm de chaque bord dès le début de votre création pour éviter de placer un élément dans cette zone.

Les débords

C'est quasiment le même principe mais vers l'extérieur, c'est à dire que les éléments de fond (aplats ...) et les éléments qui doivent être coupés (décorations...) doivent dépasser de 3mm vers l'extérieur de la création. Cela vous évitera les problèmes de "bord blanc" que l'on voit sur certains flyers.

Pourquoi des marges et des débords ?

Les marges sont là pour éviter qu'un texte important soit coupé et les débords pour éviter que l'on voit la couleur du papier si la coupe n'est pas précise. En effet, l'imprimeur ne peut pas toujours recaler sa machine de coupe après chaque produit, donc il faut une certaine tolérance à la coupe d'où cette "marge des 3mm".

Juste avant l'impression

Qualité des médias

La première chose à vérifier est que tous vos médias sont en CMJN et 300 dpi comme nous l'avons vu auparavant. Si vous avez suivi mes conseils, ça devrait être bon, mais ça ne coûte rien de vérifier.

Méthode rapide avec InDesign

InDesign est un logiciel édité par Adobe qui sert à la mise en page notamment dans la publication multi-pages (catalogues, livrets...). C'est le concurrent direct de QuarkXPress.

InDesign permet de vérifier avant l'exportation que tous les médias sont conformes. Pour cela, il suffit (avant d'exporter) d'aller dans Fichier > Contrôle en Amont (ou Assemblage cela revient au même pour nous). Le contrôle en amont permet de vérifier que tout est conforme alors que l'assemblage va réunir tous les médias dans un même dossier en vérifiant que tout est conforme, c'est une technique parfois utilisée en impression pour certains gros documents. Dans la logique des choses, on fait d'abord un contrôle en amont (preflight) puis un assemblage (packaging).

Dans le contrôle en amont, si des fichiers ne sont pas conformes, InDesign va nous l'indiquer tout de suite (cf. image). En cliquant dans la section Images et Objets (Links and Images) vous pourrez voir les images qui posent problème (restreindre l'affichage en ne montrant que les problèmes) ainsi que leur mode de couleur et leur résolution. C'est un moyen très pratique quand on travaille avec InDesign de détecter les problèmes, il ne vous reste plus qu'à modifier les images et à mettre à jour les médias.

Je ne connais pas d'autres logiciels Adobe qui possèdent la même fonction.

Image utilisateurImage utilisateurAdobe Indesign me signale sur le preflight le problème de mode couleur.
On peut voir les fichiers qui posent problème (mode et densité de pixel).

Vérifier les textes

Si vous réalisez quelque chose pour vous-même ou quelque chose d'informel, c'est à vous de vérifier l'ensemble des textes aussi bien pour l'orthographe que pour les règles de ponctuation. En général dans le monde professionnel, le fichier fait des navettes (aller-retour) entre le graphiste et le client (en passant parfois par la section communication) et c'est donc à lui de vérifier tous les détails qu'il vous envoie. Une des règles qu'on peut se fixer est de ne travailler qu'en copier-coller avec les textes du client (document ou mail) pour minimiser les fautes de recopiage et pour être sûr d'avoir un résultat identique à ce qui est demandé. Cela peut paraitre étrange mais si vous prêtez attention vous pouvez dénichez des fautes sur quasiment tous les supports de communication autour de vous, essayez donc de faire attention.

Les typographies

Il est nécessaire de vectoriser tous les textes de vos créations. Le problème est qu'une fois vectorisés, les textes sont beaucoup plus compliqués à modifier. C'est pour cela qu'il faut être sûr de vos texte.

Pourquoi vectoriser les typos ?

Parce que l'imprimeur n'a pas forcément toutes les typos que vous utilisez dans votre création. S'il ouvre votre fichier cela peut poser des problèmes. L'habitude à prendre est donc de vectoriser tous les textes, comme ça personne n'a de problèmes à l'impression.

Vectoriser les textes avec Illustrator

Vectoriser des textes avec Illustrator est très simple, il suffit de sélectionner les textes en question (ici tous, c'est plus facile à faire si ils sont par groupe ou sur un même calque) et d'aller dans le menu Texte > Vectoriser (Maj+Ctrl+O).

Image utilisateurImage utilisateurImage utilisateur

Mon texte avant, le menu de vectorisation, mon texte après.

Vectoriser les textes avec Inkscape

De la même façon, il suffit de sélectionner les textes et de faire Objet > Objet en Chemin (Maj+Ctrl+O) pour convertir les textes en chemins et donc les vectoriser.

Les marges et les débords

Comme vu précédemment il faut respecter des marges et des débords. Sur un petit document, cela va très vite à vérifier, néanmoins sur un catalogue de 70 pages c'est nettement plus long :D . Pour contrer cela je me crée souvent un carré de 3mm * 3mm d'une couleur absente de mon document (rouge ou verte) et je le balade de page en page lors de ma relecture des textes. Il me permet à la fois de vérifier mes débords et mes marges quand j'ai des doutes.

Aperçu de la surimpression

C'est un problème peu courant mais qui peut vous poser des ennuis. En fait, il est créé lorsque vous superposez des calques dans Illustrator avec des couleurs différentes. En effet, il faut se rappeler que la quadrichromie (CMJN) implique d'imprimer quatre fois sur la même feuille donc l'ordre dans lequel vont être appliquées les couleurs va avoir une importance. C'est ce que simule le mode d'affichage de surimpression des couleurs (Affichage > Aperçu de la surimpression : Alt+Maj+Ctrl+Y). Par défaut Illustrator est dans le mode Aperçu en pixels, donc cela peut vous induire en erreur. Je vous conseille l'article d'Adobe sur le sujet, où on peut voir un exemple avec deux rendus complètement différents.

Décomposition d'objets

L'aide d'Adobe Illustrator nous dit à ce sujet :

Citation : Adobe

La décomposition est tout particulièrement utile si vous rencontrez des difficultés lors de l’impression d’effets de transparence, d’objets 3D, de motifs, de dégradés, de contours, de dégradés de formes, de halos, d’enveloppes ou de symboles.

C'est un outil qui va vous permettre de régler une partie des problème observés lors de l'affichage en surimpression et en fonction de l'imprimeur c'est une fonction qu'il faut utiliser plus ou moins souvent. Pour ma part, je l'utilise notamment sur les grands dégradés et sur les effets de type halo.
Pour décomposer il faut sélectionner l'objet puis Objet > Décomposer (ou Objet > Décomposer l'aspect puis Décomposer si ce dernier est grisé), sélectionner les options et valider. Si votre nombre de décompositions est trop faible, vous allez voir apparaitre un "effet de bandes" de couleurs différentes, 255 est généralement une bonne valeur.

Bon à Tirer

Le Bon à Tirer (ou BAT) est l'avant-dernière étape de l'impression. C'est un exemplaire du produit (réel ou un fichier) qui correspond au produit tel qu'il va être imprimé. Le client doit alors le dater et le signer avec la mention "Bon à tirer". De nos jours il est courant que cela se fasse par e-mail plutôt que par papier (normalement jamais par téléphone pour garder une trace écrite). Ce document sert aussi de guide à l'imprimeur quant au résultat à obtenir. Il symbolise l'accord définitif entre les deux partis (client et créateur).

Export pour l'impression

Image utilisateurPage d'accueil pour exporter
en PDF.
Ça sent la fin ? Vous avez tout préparé, tout créé et tout vérifié ? Il ne reste plus qu'a faire un export pour l'imprimeur. Tout dépend du format que votre imprimeur préfère, mais généralement ça sera du PDF ou de l'EPS (plus rarement du JPG non compressé ou du TIFF). Encore une fois c'est à vous de vérifier avec votre imprimeur.
Je pars sur la base d'un PDF avec uniquement des traits de coupe (indications qui permettent de savoir où couper). Pour créer un PDF dans Illustrator, on va aller dans Fichier > Enregistrer Sous, on donne un nom au document et on choisit le format PDF dans la liste déroulante.

Ensuite on arrive sur cet écran où l'on peut régler de nombreux paramètres. Pour commencer, nous allons charger le Paramètre prédéfini "Qualité Supérieure" dans la liste déroulante. Cela configure de façon correct la plupart des paramètres. La seule chose qu'il reste à changer sont les traits de coupes. Pour cela il faut se rendre dans la section "Repères et fond perdus" et cocher "Traits de coupe" ainsi que de mettre les fonds perdus aux valeurs que vous avez utilisé dans vos débord (3mm pour ma part). On clique sur Enregistrer en PDF et c'est bon. ;)

Ces réglages sont standards. Je vous laisse fouiller dans les différentes sections pour en apprendre plus sur les différences entre les différents paramètres prédéfinis.

Image utilisateurMes réglages de traits de coupe.

Après l'impression

Ça y est ? Vous avez reçu votre colis contenant votre commande ? Nous allons voir quels éléments vérifier ensemble pour valider la qualité de l'impression.

Les témoins

Généralement l'imprimeur livre le paquet de produits avec quelques échantillons témoins (surtout pour les petits produits) contenus dans une enveloppe ou dans un plastique au dessus du colis. Ce n'est pas obligatoire mais c'est souvent fait puisque cela vous permet d'identifier la commande et de vérifier la qualité de l'impression. Sur des grands formats ou sur des tirages nombreux, il est fréquent de vérifier la qualité directement chez l'imprimeur avant qu'il ne lance l'impression de la totalité des produits.

Il est aussi fréquent que l'imprimeur fournisse un nombre plus élevé que ce que vous avez demandé. Par exemple pour une commande de 100 cartes de visites il m'est arrivé d'en recevoir 110 ou 115. Cela pour plusieurs raisons :

  • Le papier : si l'imprimeur ne veut pas gâcher du papier en le jetant il va parfois terminer la feuille qu'il à entamé en imprimant quelques cartes en plus.

  • Le graphiste : il est d'usage dans le métier de garder quelques exemplaires pour le graphiste et/ou l'entreprise de communication afin qu'ils puissent mettre le produit dans leur portfolio et dans leurs références.

  • Le taux d'erreur : il arrive parfois qu'une carte ou deux sur cent ne soient pas utilisables pour des raisons diverses. En mettre quelques exemplaires en plus c'est aussi un moyen pour l'imprimeur de se protéger de toute plainte concernant la quantité utilisable de cartes.

Les caractéristiques

Première chose à vérifier : tout ce qui concerne le papier (comme vu précédemment) à savoir son grammage, etc. Les imprimeurs se trompent rarement là-dessus, mais il arrive qu'ils essayent de vous refourguer un papier plus léger pour économiser de l'argent, vérifiez donc cela. Vous devez regarder que tout ce que vous avez demandé est présent (type de papier, pelliculage, vernis...), on n'est jamais à l'abri d'une erreur.

La qualité

Ici il faut "avoir l'œil" comme on l'entend souvent. C'est-à-dire avoir un œil très sensible aux détails et aux couleurs. Ça s'apprend avec l'expérience mais ça dépend aussi de votre vision. Il faut vérifier l'homogénéité des aplats de couleurs. C'est-à-dire que si vous avez demandé un fond magenta, il doit être de la même couleur partout et non pas avec des taches plus claires ou plus foncées comme on voit souvent.
Il faut aussi vérifier la continuité des lignes, si vous suivez de l'œil un ligne droite et qu'elle est décalée par endroits et cela de la même façon sur tous les produits c'est que l'imprimeur a un problème dans ses machines qui reproduisent le même décalage partout.

On pourrait aussi citer un problème courant avec le vernis UV : c'est que le vernis n'est pas toujours calé sur sa place et qu'il est décalé par rapport au motif imprimé en dessous. Cela donne un impression désagréable à l'œil et donne parfois des couleurs étranges.

La coupe

Il y a de nombreuses manières de couper le papier, et cela se voit quand on regarde un produit. Si le produit à été mal coupé on peut voir les problèmes suivant :

  • Des fibres ou des points : si vous détectez sur le côté des petites fibres ou alors des points (comme sur du papier pré-découpé, par exemple un chèque) c'est que la coupe est de qualité médiocre. Une bonne coupe est droite, franche et nette. Il ne doit pas y avoir ce genre de problèmes. Ça donne vite un aspect bâclé.

  • "Taillage" ou "Bouffage" : derrière ces noms barbares se cache le non respect des marges de coupe. Je vous rappelle que l'on a laissé 3mm à l'extérieur des débords pour éviter de voir un bord blanc et 3mm de marge de sécurité à l'intérieur pour éviter de couper le texte (ou les logos), si vous avez fait cela et que une des deux conditions n'est pas respectée, c'est que l'imprimeur (ou l'entreprise qui a découpé) a fait ça très mal, ce qui n'est pas normal.

Si vous avez vérifié ces points et que tout est OK alors vous êtes déjà chez un bon imprimeur (en général). Sachez qu'il y a de nombreux autres points à vérifier en fonction des commandes mais cela s'apprend avec l'expérience.

Que faire si le produit est de mauvaise qualité ?

Si vous connaissez l'imprimeur et/ou qu'il est près de chez vous, allez râler. Si un produit ne correspond pas à vos attentes, il ne faut pas hésiter à mettre l'imprimeur devant le fait accompli. Le directeur ne peut pas toujours vérifier toutes les commandes, allez donc râler auprès du commercial ou du directeur. Démontrez à l'aide d'exemples sur le produit la faible qualité de l'impression. S'il est honnête, il vous proposera une autre impression ou un geste commercial ou un avoir. D'après mes maigres connaissances en droit, cela rentre dans le cadre des produits personnalisés à la demande et donc vous ne pouvez vous faire rembourser sous 7 jours comme avec d'autres produits. Certains imprimeurs fixent leurs conditions (remboursés sous 48h... ). À vous de vous renseigner.

Il ne veut rien savoir ?

Dans ce cas, il n'y a rien à faire si ce n'est déconseiller cet imprimeur à vos amis et le conseiller à vos ennemis :D . C'est à vous de vous construire un réseau de personnes sérieuses avec qui travailler. La prochaine fois allez voir chez un autre.

Sachez aussi qu'il est souvent plus difficile de contacter les grandes entreprises d'impression en ligne et que vous risquez de tomber sur des gens qui n'y connaissent rien à l'impression (comme vous avant non :p ?). Néanmoins on en trouve de très sérieux sur internet.

Enfin dernier avertissement : si vous faites appel à du discount, vous aurez du discount. Donc si vous avez payé 15€ les 10 000 flyers, ne vous attendez pas à de la qualité. Si vous n'avez aucune idée du prix, essayez de réunir les catalogues des imprimeurs autour de chez vous et de ceux en ligne qui vous intéresses afin de pouvoir comparer les prix et de distinguer les entreprises sérieuses des autres. Tous les imprimeurs ne sont pas polyvalents, certains sont meilleurs en cartes de visites, d'autres en textile, d'autres en autocollants (vinyle, microperforé...) à vous de vous construire une base de données de fournisseurs avec le détail de vos expériences. Quand un client va vous contacter il attend probablement de vous que vous lui proposiez des imprimeurs. À vous de jouer donc ;) .

Voilà j'espère que je vous ai éclairé sur les différents points traités dans ce mini-tuto, évidemment tous les points de l'impression et de la pré-presse ne peuvent pas être traités dans un si petit espace mais vous connaissez maintenant les techniques de bases. Si vous avez des questions ou commentaires n'hésitez pas, les commentaires sont là pour ça. :)

À propos de moi : je suis étudiant en audiovisuel et multimédia à l'université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis (section DREAM). Je travaille au quotidien avec différents imprimeurs et de multiples clients qui m'aident au quotidien à me construire une connaissance solide.

Quelques lien à consulter autour de l'image numérique et de l'impression :

déroulement d'un cours

  • 1

    Dès aujourd'hui, vous avez accès au contenu pédagogique et aux exercices du cours.

  • 2

    Vous progressez dans le cours semaine par semaine. Une partie du cours correspond à une semaine de travail de votre part.

  • !

    Les exercices doivent être réalisés en une semaine. La date limite vous sera annoncée au démarrage de chaque nouvelle partie. Les exercices sont indispensables pour obtenir votre certification.

  • 3

    À l'issue du cours, vous recevrez vos résultats par e-mail. Votre certificat de réussite vous sera également transmis si vous êtes membre Premium et que vous avez au moins 70% de bonnes réponses.

L'auteur

Exemple de certificat de réussite
Exemple de certificat de réussite