A la découverte d'UNIX (FreeBSD)

A la découverte d'UNIX (FreeBSD)

Mis à jour le mardi 8 janvier 2013

En 1993, les sociétés qui développaient les principaux UNIX "propriétaires" (IBM, Sun Microsystems, Hewlett-Packard et Novell) s'associèrent pour développer un environnement de bureau commun : CDE (Common Desktop Environment). Voici, grosso modo, à quoi il ressemblait :

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Les développeurs de logiciels libres, voyant ça, commencèrent en 1996 à mettre au point leur propre environnement de bureau commun : KDE. KDE est programmé en langage C++, avec la fameuse méga-bibliothèque Qt. Or, au début, la licence de Qt n'était pas complètement libre (aujourd'hui, elle l'est), et cela poussa la Fondation pour le Logiciel Libre à développer un troisième environnement : GNOME.

Aujourd'hui, tout ce petit monde est réconcilié et, si Fluxbox ne vous suffit pas, vous avez le choix entre ces deux formidables bureaux que sont KDE et GNOME (CDE est sous licence propriétaire et plutôt daté). Il en existe encore d'autres, avec moins de fonctionnalités mais aussi moins gourmands en mémoire : Xfce, LXDE, Enlightenment, EDE, Étoilé, etc.

Je vais vous en présenter quelques uns, en commençant par KDE. Inutile, naturellement, de tous les installer. Ce serait d'ailleurs très long et prendrait beaucoup d'espace sur votre disque dur... :( Lisez peut-être une première fois ce chapitre sans rien faire avant de choisir.

A - KDE

Alors attention, KDE, c'est un truc énorme, avec des dizaines d'applications intégrées et des bibliothèques comme s'il en pleuvait. Même avec le système des paquets (pkg_add -r kde4), vous en avez au minimum pour une heure d'installation. Il faut être sûr de le vouloir vraiment.

Une fois votre gestionnaire de bureau sur votre machine, il faut demander à FreeBSD de toujours le lancer en même temps que X. Nous allons donc modifier le fichier .xinitrc dans votre dossier personnel. Vous n'avez plus besoin des privilèges de root donc renoncez-y vite en tapant exit. Puis, rentrez chez vous avec cd.

Pour ne pas perdre la version "Fluxbox" de .xinitrc, faites-en une copie. ;) Par exemple :

% cp .xinitrc .xinitrc1

Le programme lançant KDE est startkde, situé dans /usr/local/kde4/bin. Utilisez la commande echo :

% echo "exec /usr/local/kde4/bin/startkde" > .xinitrc

Vérifiez le contenu du fichier. Comme il n'y a qu'une ligne, vous pouvez utiliser :

% cat .xinitrc

N'oubliez pas de copier ce nouveau .xinitrc dans le dossier personnel de chaque utilisateur intéressé par KDE. Vous savez maintenant comment faire.

Bon, assez bavardé. Voyons si ça marche. Tapez startx ou connectez-vous avec SLiM.

Et voilà !

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Vous voyez le K, en bas à gauche ? Vous pouvez ouvrir le menu principal de KDE en cliquant dessus. Si vous êtes habitués à Windows, dites-vous que c'est comme le menu Démarrer. Allez-y.

Tout est en Anglais ! :o J'ai pourtant bien changé la valeur de la variable d'environnement LANG. On ne peut pas avoir du Français ?

Disons que KDE ne respecte pas tous les standards. Et qu'il ne consulte pas la valeur de LANG. Il est cependant possible d'en télécharger une traduction en allant dans /usr/ports/french/. Pour vous y conduire, je vais vous présenter la Konsole de KDE.

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Dans le menu K, faites passer votre curseur au dessus de l'icône Applications, le menu change et dévoile de nouveaux sous-menus. Vous allez cliquer sur le sous-menu System pour découvrir les applications qu'il contient. L'une d'elles porte le nom de Terminal ou Konsole. Cliquez-dessus pour l'ouvrir.

Elle est pas belle, cette console là ? :D Bien, nous sommes ici pour traduire KDE en Français. Allez voir du côté des ports.

% cd /usr/ports/french
% ls

Le dossier /usr/ports/french contient un sous-dossier kde4-l10n/. Vous pouvez utiliser ce port si vous êtes patients. :ange: Sinon, il y a le paquet :

[Nom de l'ordinateur]# pkg_add -r fr-kde-l10n

Lorsque c'est terminé, vous pouvez ouvrir le menu K, aller dans System Settings puis dans Regional & Languages. Dans la colonne de gauche, choisissez Country/Region & Language.

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Cliquez sur Add Language (à droite) et optez pour French. Le mot Français apparaît dans la grande case Languages :. Juste au dessus, vous pouvez choisir votre pays en cliquant sur change.... La France se trouve dans la catégorie Europe, Western. N'oubliez surtout pas de cliquer sur le bouton Apply, en bas à droite, avant de quitter la fenêtre. Le changement de langue ne sera effectif que lorsque vous redémarrerez KDE. Allez dans le menu K et déloguez-vous. Je vous laisse chercher comment : c'est super dur ! :p

Ouf, revoila enfin notre bon vieux SLiM. Prenez une grande bouffée d'air et replongez.

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Et voilà votre bureau KDE en Français. Il reste bien quelques étiquettes en Anglais mais ça ne devrait pas trop vous perturber. :) Par ailleurs, certaines applications nécessitent leur propre traduction. Vous savez maintenant dans quel port les trouver.

Vous voyez que j'ai changé le fond d'écran et placé quelques lanceurs sur le bureau (les icônes en haut à gauche, pour lancer des programmes). Pour en faire autant, trouvez votre application préférée dans le menu K, faites un clic droit dessus et choisissez Ajouter au bureau. L'option Ajouter au tableau de bord vous permet de placer un lanceur sur la barre grise en bas de l'écran.

Je vous laisse maintenant parcourir le menu K pour découvrir les applications à votre disposition. Profitez-en bien.

Les fichiers exécutables des applications de KDE sont dans /usr/local/kde4/bin/ et /usr/local/kde4/sbin/. Vous devriez ajouter ces deux dossiers à votre variable d'environnement PATH. Ajoutez donc à votre fichier .login la ligne :

setenv PATH /sbin:/bin:/usr/sbin:/usr/bin:/usr/games:/usr/local/sbin:/usr/local/bin:/usr/home/[votre identifiant]/bin:/usr/local/kde4/bin:/usr/local/kde4/sbin:.

Retapez ensuite cette même ligne dans un terminal, pour en profiter tout de suite (sans attendre votre prochaine connection).

B - Personnaliser KDE

KDE dispose de son propre gestionnaire d'affichage : kdm. Vous pouvez avoir envie de l'utiliser à la place de SLiM. Dans ce cas, éditez le fichier /etc/ttys et remplacez la ligne ttyv8 par :

ttyv8   "/usr/local/kde4/bin/kdm -nodaemon"  xterm   on  secure

En vous déloguant, vous arriverez ici :

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Remarquez les deux petits boutons en bas à gauche. Le deuxième sert évidemment à redémarrer ou éteindre l'ordinateur. Le premier vous permet de choisir le type de session que vous voulez ouvrir.

En plus de KDE et de son failsafe mode (mode sans échec), il vous permet d'ouvrir une session Fluxbox, si vous l'avez installée auparavant, ou TWM. Si, par la suite, vous installez d'autres bureaux ou gestionnaires de fenêtres, ils viendront s'ajouter à ce menu et vous pourrez choisir au début de chaque session celui que vous voulez utiliser.

Pour personnaliser kdm, lancez l'un des deux gestionnaires de fichiers de KDE (Konqueror ou Dolphin) et ouvrez le dossier /usr/local/kde4/share/kde4/services/ (avec Konqueror, vous pouvez taper ou copier-coller directement ce chemin d'accès dans la barre d'adresse). Dans ce dossier, cliquez sur le fichier exécutable kdm.desktop et saisissez le mot de passe de root.

Cliquez sur l'onglet Theme. A moins d'avoir le coup de foudre pour l'un des trois magnifiques thèmes qui vous sont proposés, vous allez certainement vouloir rechercher autre chose. :p Cliquez donc sur le bouton Get New Themes.

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Faites votre choix, cliquez sur le bouton Install (à droite) puis sur Close pour revenir à la fenêtre précédente. Le thème que vous venez d'installer a été ajouté à la liste des 3 déjà présents. Sélectionnez-le et cliquez sur les boutons Apply et OK. Vous pouvez maintenant fermer votre session pour aller admirer votre nouveau kdm. :soleil:

Passons maintenant au panneau de configuration et à la catégorie Apparence. Avec l'onglet Couleurs et le thème Desert, vous pouvez mettre KDE aux couleurs de FreeBSD. Changez aussi l'aspect des fenêtres. Par exemple, j'ai choisi le style Keramic. Et avec l'onglet Ecran d'accueil, vous pouvez personnaliser le splash-screen, la petite animation qui s'affiche après kdm pendant le chargement du bureau. Vous en trouverez certainement un qui cadrera bien avec votre thème kdm et/ou avec votre fond d'écran.

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L'icône du menu principal peut-être modifiée en faisant un clic droit dessus. Et pour avoir, comme ici, un petit Beastie sur votre écran, lancez le logiciel AMOR (dans la catégorie Jeux du menu principal) et configurez-le.

DesktopBSD-tools

D'un point de vue plus fonctionnel, vous pouvez installer les outils desktopbsd-tools, issus du projet DesktopBSD. Le plus utile de ces outils est un gestionnaire graphique de paquets (ou de ports, au choix*) : dbsd-pkgmgr.

* : Il peut même vérifier l'ancienneté d'un paquet par rapport à son port et décider automatiquement, au cas par cas, s'il peut installer le paquet ou s'il est plus sûr de se servir du port.

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Vous pouvez vous servir de dbsd-pkgmgr avec n'importe quel bureau ou gestionnaire de fenêtres. L'avantage, sous KDE, c'est qu'il placera automatiquement les nouvelles applications au bon endroit dans le menu. Ailleurs, vous devrez parfois faire ça à la main.

C - GNOME

GNOME est très lié à GNU/Linux et c'est le gestionnaire de bureau le plus utilisé sous cet OS. Il fonctionne aussi sous UNIX mais pas toujours à 100 %. Pour l'installer, demandez gnome2 (à moins que GNOME 3 ne soit déjà sorti le jour où vous lirez ceci).

Le gestionnaire d'affichage de GNOME s'appelle gdm. Il s'active un peu différemment de xdm, SLiM et kdm. Avec emacs (ou autre chose), vous allez éditer deux fichiers que vous connaissez déjà : /etc/rc.conf et /etc/ttys. Le premier pour demander le lancement de gdm au démarrage, avec les daemons, et le second pour désactiver SLiM et éviter un conflit. :pirate: Dans rc.conf, ajoutez la ligne gdm_enable="YES". Dans ttys, à la ligne ttyv8, remplacez le on final par un off.

C'est fait ? On essaye ? Alors, redémarrez votre machine. Après la séquence de démarrage habituelle, ce n'est donc plus SLiM qui est lancé mais bien gdm. Dans le menu des sessions, choisissez GNOME. Et...

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Contrairement à KDE ou à Windows, GNOME n'a pas un menu principal unique en bas à gauche mais trois menus distincts en haut à gauche. Le menu Applications permet, comme son nom l'indique de lancer vos applications. Elles sont classées par catégories. S'il y en a que vous utilisez souvent, vous pouvez faire un clic droit dessus et ajouter un lanceur au bureau ou au tableau de bord (la barre grise à côté des menus). Il y a justement deux lanceurs déjà placés sur ce tableau de bord : le navigateur Web epiphany et le client de messagerie evolution. Le menu Places permet d'accéder à divers points du disque dur à l'aide de l'explorateur de fichiers Nautilus. Et le menu System permet de configurer le bureau et le système en général.

Ce menu System est divisé en deux sous-menus : Preferences, qui permet de configurer le bureau, et Administration, qui propose plusieurs applications graphiques destinées à administrer... Linux ! :p Inutile de vous dire qu'elles ne fonctionnent pas sous FreeBSD.

Pour mettre GNOME aux couleurs de FreeBSD, téléchargez le thème Beastie. Ce sera l'occasion de découvrir le dossier /usr/ports/x11-themes/.

D - Xfce

Xfce est un bureau léger, sans trop de fioritures, qui consomme peu de RAM et permet donc aux applications de s'exécuter plus rapidement. Il est cependant très fonctionnel. Il se télécharge bien plus vite que les deux précédents. Vous pouvez, par exemple, le compiler :

# cd /usr/ports/x11-wm/xfce4 && make install clean
# exit
% echo "/usr/local/bin/startxfce4" > ~/.xinitrc

Deux questions vous seront posées au début de la compilation. Ce sera l'occasion de demander d'installer gdm, si vous le souhaitez. Xfce, en effet, n'a pas de gestionnaire d'affichage propre comme gdm ou kdm.

Au premier démarrage, vous allez tomber sur un message d'erreur :

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Il semble que ça le perturbe beaucoup. :'( Vous êtes cependant obligés de cliquer sur Continue anyway et d'entrer dans Xfce.

Bon alors, Xfce est très bien, très très bien même, mais son papier-peint par défaut, ça ne va pas être possible ! >_ Vous penserez bien à le changer à la première occasion. Dans l'immédiat, nous avons plus urgent : quittez tout de suite Xfce par la porte de sortie en bas à droite et allez rectifier votre /etc/hosts.

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Il faut remplacer les deux localhost.my.domain par le nom de votre ordinateur et celui de votre domaine (indiqués sur le message d'erreur). Après avoir sauvegardé, vous pourrez rebooter et relancer Xfce. Changez tout de suite le papier-peint :

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E - Enlightenment

Vous en voulez encore ? Allez, un dernier pour la route. :) Enlightenment était initialement un simple gestionnaire de fenêtres. Mais il a évolué et a maintenant toutes les fonctionnalités d'un bureau complet. Après l'avoir installé, il faudra remplacer votre .xinitrc par la ligne : exec enlightenment_start.

Après une animation d'accueil, qui fait toujours son petit effet, :soleil: vous accéderez à Enlightenment et vous verrez qu'ils n'ont pas lésiné sur le côté esthétique :

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Je vous recommande d'ajouter les modules complémentaires (e17-modules) pour profiter de toutes les fonctionnalités d'enlightenment.

F - Une image d'accueil

Votre interface graphique est maintenant prête. Il ne manque plus que la touche finale.

Que diriez-vous d'afficher une image d'accueil :) au lancement de FreeBSD, à la place des messages système ? Pour consulter ces derniers, vous pourrez toujours lire le fichier /var/run/dmesg.boot.

Vous allez avoir besoin d'un logiciel de dessin. Si aucun n'est inclus dans le bureau que vous avez choisi, regardez dans /usr/ports/graphics.

Votre image doit être au format BMP 256 couleurs, avec une résolution maximale de 1024x768. Il faut la copier (en root) dans le dossier /boot. Supposons qu'elle s'appelle monimage.bmp.

Pourquoi se limiter à 256 couleurs ?

Parce que l'environnement graphique X n'est pas encore actif au moment du démarrage. C'est la console qui va afficher votre image. Et pour elle, 256 couleurs, c'est déjà beaucoup.

Maintenant, pour afficher l'image, il faut modifier le noyau de FreeBSD. Rassurez-vous : c'est simple ! :)

Le noyau de FreeBSD est modulaire : il comporte de nombreux petits modules qui peuvent être chargés ou non en mémoire par le programme loader pendant la séquence de démarrage. Le fichier de configuration /boot/loader.conf va vous permettre de les activer. Pour l'instant, il est vide et c'est à vous de le remplir :

splash_bmp_load="YES"
bitmap_load="YES"
bitmap_name="/boot/monimage.bmp"
vesa_load="YES"

Il ne vous reste plus qu'à redémarrer pour profiter de votre nouvel écran d'accueil. :soleil:

On peut pousser cette idée jusqu'au bout et ne plus afficher le menu de boot. Il suffit pour cela d'ajouter à /boot/loader.conf la ligne :

beastie_disable="YES"

Mais ce n'est pas forcément une bonne idée. :( Vous pourriez avoir besoin de ce menu un jour.

Entre les gestionnaires de fenêtres, façon fluxbox, les bureaux légers, façon Xfce, et les gros bureaux, façon KDE ou GNOME, vous trouverez immanquablement chaussure à votre pied. :D

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