A la découverte d'UNIX (FreeBSD)

A la découverte d'UNIX (FreeBSD)

Mis à jour le mardi 8 janvier 2013

Que serait Windows sans Microsoft Office ? Quelle que soit votre interface graphique, elle ne saurait se passer d'une suite bureautique performante.

Il faut dire qu'un ordinateur, à la base, ça sert à travailler. :colere2: Et les UNIX, en plus, sont orientés vers les entreprises.

A - Petites histoires de logiciels

Commençons par un lecteur de documents PDF. Ce format, développé par Adobe, est devenu incontournable. Un simple petit logiciel libre tout léger comme ePDFview ou evince nous ira très bien.

Désormais, je ne vous donne plus les commandes à taper pour l'installation. Vous savez où les trouver : regardez sur FreshPorts ou demandez à whereis.

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Mais il nous faut aussi un tableur, un logiciel de traitement de texte, un éditeur de diapositives, etc. Autrefois, chaque UNIX développait ses propres applications bureautiques de son côté. Mais, au tout début des années 2000, Sun Microsystems a publié le code-source de sa suite StarOffice.

C'était la naissance d'OpenOffice, un ensemble de six applications très réussies :

  • Base (Bases de données)

  • Calc (Tableur)

  • Draw (Dessin vectoriel)

  • Impress (Diapositives)

  • Math (Editeur de formules mathématiques)

  • Writer (Traitement de texte)

En moins de 10 ans, OpenOffice est devenue une suite bureautique très populaire, rivalisant même avec celle de Microsoft. Elle était développée à la fois par Sun et par une vaste communauté de développeurs bénévoles. Comme son code-source était public, tout le monde pouvait l'améliorer.

Pourquoi parler au passé ? :o Elle n'existe plus ?

Oh si, toujours. C'est Sun qui n'existe plus. A force de vouloir absorber des sociétés plus petites, cette entreprise a tellement dépensé qu'elle s'est elle-même fait racheter par Oracle début 2010.

Le problème, c'est que les relations entre Oracle et les développeurs bénévoles d'OpenOffice ont vite tourné à l'orage. Ces derniers ont donc laissé tomber la suite d'Oracle et lancé un projet "concurrent", lui aussi libre et gratuit : LibreOffice. :ange:

Ils sont soutenus par Google (toujours en conflit :pirate: avec Oracle), mais aussi par la Fondation pour le logiciel libre et par des entreprises comme Red Hat et Novell. Cette situation va probablement évoluer encore dans les prochains mois. Oracle, en effet, vient d'annoncer son intention de se désengager d'OpenOffice.

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Concrètement, pour l'instant, les différences entre LibreOffice et OpenOffice sont à chercher au microscope. :euh: Tout juste peut-on dire que les nouveaux efforts d'Oracle sur OpenOffice concernent surtout le tableur, tandis que LibreOffice a amélioré son traitement de texte. Pour votre FreeBSD, vous pouvez installer l'un ou l'autre.

Attention, dans les deux cas, il faut indiquer une option spéciale pour les avoir en Français :

[Nom de l'ordinateur]# make LOCALIZED_LANG=fr_FR install clean BATCH=yes

Pour OpenOffice, je vous propose d'essayer une autre méthode, pour changer. Je vais vous apprendre à contacter manuellement un serveur FTP.

B - File Transfer Protocol

Varions nos techniques d'installation et passons à la méthode manuelle.

Notre enquête commence tout naturellement sur FreshPorts. :euh: Tapez openoffice dans la boîte search. Il vous propose plusieurs ports. Optez pour la dernière version stable : openoffice.org-3. Sur la fiche correspondante, à la rubrique WWW, vous lisez l'adresse :

http://porting.openoffice.org/freebsd/

Ce lien vous conduit sur le site de l'équipe qui s'occupe de porter OpenOffice sur FreeBSD.

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Repérez sur cet écran un lien qui propose d'obtenir les paquets actuels (current) et les traductions (language packs). Cliquez dessus.

Hé ! Mais il y en a deux. :euh: Je prends lequel ?

amd64 et i386 désignent des familles de microprocesseurs. Choisissez celui qui correspond à votre version de FreeBSD. Dans le cas présent, ça n'a pas grande importance : au final, vous allez aboutir au même fichier.

Vous arrivez alors sur un serveur FTP (File Transfer Protocol), c'est à dire un ordinateur qui met des fichiers à la disposition du public. Ce n'est pas la première fois que vous en contactez un. Chaque fois que vous avez installé un programme, votre ordinateur a récupéré automatiquement des données sur un serveur de ce genre. Là, vous allez le faire consciemment, et à la main. :)

Pour l'heure, vous voyez que plusieurs dossiers vous sont proposés. Mais un simple coup d'oeil sur le premier (3.3.0) suffit à comprendre que c'est lui qui nous intéresse. A l'intérieur, vous trouvez plein de fichiers OOo (comme OpenOffice.org) pour toutes les langues. Le nom de la version francophone finit en _fr.tbz.

Vous l'avez trouvé ? Parfait ! :) Il suffit de cliquer dessus pour le télécharger. Mais avouez que ce serait vraiment trop simple de faire comme ça. Maintenant que vous savez contacter un serveur FTP avec un navigateur web, je vous propose d'en faire autant avec la console. Repérez bien comment celui-ci s'appelle (ooopackages.good-day.net) et quel est le chemin d'accès à votre fichier.

Avec une console, allez dans votre dossier personnel (si vous n'y êtes pas déjà), et connectez-vous au serveur :

% ftp ooopackages.good-day.net

C'est un serveur FTP anonyme. Vous n'avez pas besoin de vous identifier pour vous y connecter. Quand il demande votre nom, il faut répondre : anonymous. Le mot de passe, c'est pareil : il n'y en a pas. :p Tapez directement Entrée.

Vous y êtes. Vous voulez installer la version 3.3.0 d'OpenOffice.org pour FreeBSD. Saisissez :

ftp> cd /pub/OpenOffice.org/contrib/freebsdx86-64/3.3.0

Il faut maintenant vous saisir du fichier que vous êtes venus chercher, avec la commande get.

ftp> get OOo_3.3.0_FreeBSD82_x86-64_install_fr.tbz

A la fin du téléchargement, n'oubliez pas de dire au revoir ;) :

ftp> bye

Le serveur vous saluera aussi.

C - Archives et autocomplétion

Vous venez de télécharger une archive compressée. ls peut vous permettre de vérifier qu'elle est bien là, dans votre dossier personnel. Vous allez la décompresser avec le programme gunzip. Il faut taper gunzip, suivi du nom de votre fichier (inversement, le programme gzip sert à compresser des fichiers).

Il est super-long ce nom de fichier. Toutes ces lignes à rallonge, ça commence à bien faire. :colere2: Il n'y a pas moyen d'aller plus vite ?

Bon, d'accord. Je vais vous donner une astuce : l'autocomplétion de commandes. Tapez simplement gunzip OOo_ puis appuyez sur la touche TAB.

Le nom du fichier s'affiche tout seul. Vous n'avez plus qu'à appuyer sur Entrée.

Mais comment a-t-il fait pour savoir ce que je voulais taper ? :o

Ce n'était pas si difficile. FreeBSD sait bien que la commande gunzip doit être suivie par un nom de fichier. Or, votre dossier personnel ne contient qu'un seul fichier dont le nom commence par OOo_ : OOo_3.3.0_FreeBSD82_x86-64_install_fr.tbz. Il a donc tout de suite compris que vous parliez de lui. Eh oui, ça fait plaisir d'avoir un OS intelligent. ;)

Vous avez obtenu ainsi une archive décompressée : un très gros fichier dont le nom finit par .tar. Tous les fichiers d'OpenOffice sont dans cette archive. Il faut maintenant les séparer... mais pas ici, malheureux ! :o Ne mettez pas le bazar dans votre dossier personnel.

Vous allez d'abord créer un dossier spécifique, par exemple OOo, y déplacer votre archive, vous y rendre vous même et enfin découper votre archive. Cela fait quatre étapes, dont trois sont nouvelles pour vous. Voici donc les commandes :

  • Pour créer un dossier : mkdir [nom du dossier]

  • Pour déplacer un fichier : mv [nom du fichier] [destination]

  • Pour aller dans un dossier : cd [destination]

  • Pour découper une archive : tar -xf [archive]

Ce qui nous donne :

% mkdir OOo
% mv OOo_3.3.0_FreeBSD82_x86-64_install_fr.tar OOo/
% cd OOo
% tar -xf OOo_3.3.0_FreeBSD82_x86-64_install_fr.tar

N'hésitez pas à vous servir de l'autocomplétion de commande pour taper ces instructions plus rapidement.

Comme son nom l'indique, l'autocomplétion ne se limite pas aux noms de fichiers et fonctionne aussi avec les commandes. Par exemple, la seule commande commençant par his est history. Tapez donc his TAB Entrée et la commande history sera exécutée, vous montrant la liste des commandes que vous avez saisies jusqu'à maintenant. C'est cette liste qui est parcourue lorsque vous utilisez les touches fléchées pour retrouver une commande tapée précédemment.

D - La partie de cache-cache

Allons voir quels fichiers nous avons récupérés. Pour ajouter OpenOffice au menu de Fluxbox, il est important de repérer les exécutables correspondant à chaque composant (le traitement de texte, le tableur, ...), ainsi que leurs icônes. Accessoirement, il faudra aussi placer les exécutables dans /usr/local/bin et les icônes dans /usr/local/share.

% ls -l
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Les trois derniers "fichiers" de la liste qui s'affiche sont des dossiers, comme l'indique le d au début de ces 3 lignes.

  • Le dossier bin contient des exécutables. En apparence, c'est ceux-là qu'on veut. Mais, vous constaterez qu'ils ne fonctionnent pas. o_O

  • Les vrais exécutables que nous cherchons sont cachés au fond du deuxième dossier : openoffice.org-3.3.0

  • Le dossier share contient nos icônes.

Pour explorer rapidement le dossier share, allez-y et entrez la commande ls -R. C'est le listing "récursif" : il montre le contenu de share et aussi celui des sous-dossiers.

Mais il y a deux problèmes. :( D'abord, on ne voit pas facilement si tous ces noms qui s'affichent sont ceux de fichiers, de dossiers, ou de liens. Il faudrait mettre un peu de couleur. Avec l'option -G, ls va afficher les fichiers en blanc, les dossiers en bleu et les liens en violet. On peut cumuler les options, donc essayez :

% ls -RG

Oui, mais voilà ! Il y a le deuxième problème :( , encore plus gênant : la liste est trop longue et prend plus d'un écran. Du coup, on ne peut pas voir le début. Il faudrait pouvoir remonter...

Eh bien, figurez-vous que c'est possible ! Si, si ! Il y a sur votre clavier deux touches spéciales qui permettent ça. Et si ça se trouve, vous ne les avez jamais utilisées. :p Elles se trouvent normalement au haut à droite du clavier et s'appellent respectivement Arrêt défil et Pause.

Arrêt défil et Pause ! Elles serviraient donc à quelque chose, ces touches là ? o_O

Essayez, vous allez voir. ;) Appuyez sur l'une des deux puis, grâce aux touches fléchées, remontez au début du listing. Vous n'imaginez pas tout ce dont votre clavier est capable ! Pour revenir à la ligne de commande, appuyez à nouveau sur Arrêt défil ou sur Pause (la même que précédemment).

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Autre méthode, essayez cette commande :

% ls -RG | less

Le symbole | (sur la même touche que 6) va rediriger la sortie de la commande de gauche vers celle de droite. Au lieu d'afficher directement son résultat dans la console, ls le transmet donc à la commande less. Et c'est less qui affiche le contenu des sous-dossiers, mais à sa manière, comme il le ferait pour un fichier (sans couleur, malheureusement). Parcourez-le avec les touches fléchées puis revenez à la ligne de commande avec q.

Assez de digressions ! :lol: Voilà donc les icônes pour nos 6 applications. Elles sont dans le dossier ./icons/hicolor/128X128/apps/. Je vous rappelle que . désigne le dossier où on est, à savoir : /usr/home/[votre identifiant]/OOo/share/. Le chemin complet vers les icônes est donc : /usr/home/[votre identifiant]/OOo/share/icons/hicolor/128X128/apps/.

Cherchons maintenant les exécutables. Je vous ai dit qu'ils étaient dans le dossier openoffice.org-3.3.0/. Sortez de share/ avec la commande cd .. (rappel : .. désigne le dossier "parent" de celui où vous êtes), tapez cd o TAB Entrée puis :

% ls -G

Vous trouvez ainsi, à droite, le dossier openoffice.org3. On y va ?

Et répétant la même opération dans ce dossier, vous devriez repérer facilement le dossier program. Et là, un nouveau ls -G va faire apparaître en rouge un certain nombre d'exécutables, dont ceux de nos six applications : sbase, scalc, sdraw, simpress, smath et swriter.

Nous les avons trouvés. Mais où sommes-nous, au fait ?

% pwd
/usr/home/[votre identifiant]/OOo/openoffice.org-3.3.0/openoffice.org3/program

Je vous avais dit qu'ils étaient bien cachés. ;) Mais visiblement pas assez bien pour nous échapper. :diable:

Vous connaissez maintenant la structure du dossier OOo/. Pour l'étudier, c'était pratique de l'avoir dans votre dossier personnel. Mais vous savez bien que ce n'est pas sa place. Comme toutes les applications installées par vos soins, OpenOffice doit aller dans le dossier /usr/local/. C'est donc là-bas qu'il faut placer l'archive en .tar. Vous pourrez alors supprimer l'archive en .tbz et ce OOo/ temporaire de votre dossier personnel.

% cd ~/OOo
% su
[Nom de l'ordinateur]# mv OOo_3.3.0_FreeBSD82_x86-64_install_fr.tar /usr/local/
[Nom de l'ordinateur]# cd ..
[Nom de l'ordinateur]# rm OOo_3.3.0_FreeBSD82_x86-64_install_fr.tbz

Et maintenant, le gros morceau : :pirate: la destruction du dossier OOo/. Ce n'est pas un simple fichier, cette fois. Il faut supprimer le dossier et son contenu avec. C'est ce qu'on appelle une suppression récursive.

% rm -rf OOo/

L'option -r demande la suppression récursive du contenu de chacun des sous-dossiers. Et comme on ne veut pas s'embêter à confirmer la suppression de chacun, on ajoute l'option -f : sans confirmation. Vous voyez encore une fois qu'on peut écrire deux options ensemble : -rf est équivalent à -r -f.

Maintenant, allez installer OpenOffice "pour de vrai" dans /usr/local/. Vous retrouvez là-bas votre archive OOo_3.3.0_FreeBSD82_x86-64_install_fr.tar. En la découpant ici, vous enverrez chaque fichier dans le bon dossier :

[Nom de l'ordinateur]# tar -xf OOo_3.3.0_FreeBSD82_x86-64_install_fr.tar

E - Dansez la Java

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Duke, mascotte de Java
Pour lancer enfin OpenOffice, allez dans /usr/local/bin/ et tapez :

% ./openoffice.org-3.3.0

L'autocomplétion de commande peut vous aider. ;)

Un message d'erreur :'( s'affiche dans la console :

javaldx: Could not find a Java Runtime Environment!

Mais, pas de panique : OpenOffice se lance quand même. :)

Java est un langage de programmation. Les programmes écrit dans ce langage ont besoin, pour s'exécuter, d'un système supplémentaire appelé Environnement d'exécution Java, ou Java Runtime Environment, ou tout simplement JRE. Seules quelques fonctionnalités avancées d'OpenOffice ont vraiment besoin d'un JRE. Vous pouvez vous en servir dès maintenant.

Mais c'est vrai qu'il vous faudra, à terme, un JRE sur votre ordinateur. Même si vous ne comptez pas programmer en Java, vous aurez besoin, tôt ou tard, d'exécuter des applications de ce type. Je vous recommande openjdk6, qui fournit aussi des outils pour programmer.

Petite difficulté pour la compilation : il y a deux licences à accepter. L'une auprès d'Oracle, par laquelle vous vous engagez à ne pas utiliser ce logiciel dans une centrale nucléaire :D , et l'autre auprès de la FreeBSD Foundation.

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Sur le site d'Oracle, il faut télécharger le JDK DST Timezone Update Tool - 1.3.38, en acceptant la licence correspondante. Et sur celui de la FreeBSD Foundation, récupérez diablo-caffe-freebsd7-amd64-1.6.0_07-b02.tar.bz2.

Placez ensuite ces deux fichiers, sans les décompresser, dans le dossier /usr/ports/distfiles/. Vous pouvez maintenant compiler openjdk6 sans soucis.

OpenOffice est maintenant à votre disposition. Si vous connaissez Microsoft Office, vous n'aurez aucun mal à vous y adapter. Au cas où, voici quelques tutoriels sur le sujet.

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