Ce cours est visible gratuitement en ligne.

J'ai tout compris !
A la découverte d'UNIX (FreeBSD)

A la découverte d'UNIX (FreeBSD)

Mis à jour le mardi 8 janvier 2013
  • 4 semaines
  • Moyen

Un OS facile comme PC-BSD, c'est très pratique au quotidien, pour pouvoir se concentrer sur son travail : sur le contenu de ce qu'on fait dans les programmes. Par contre, pour apprendre comment fonctionne un système d'exploitation (et vous êtes là pour ça, je crois), il faut savoir s'en passer pendant quelques temps. Nous allons donc maintenant repartir de 0 et installer le FreeBSD classique, avec uniquement le système de base.

Je ne vais pas devoir effacer mon PC-BSD, quand-même ?

Pas forcément, non. Si vous avez installé PC-BSD sur votre vrai disque dur, vous pouvez essayer FreeBSD dans une machine virtuelle.

Bon, on commence ? :) Vous avez certainement conservé votre média d'installation de PC-BSD. Sachez qu'il est possible de s'en servir pour installer FreeBSD. Mais FreeBSD a bien sûr son propre programme d'installation : bsdinstall. Dans ce chapitre, nous allons successivement examiner les deux méthodes. Vous pourrez donc faire votre choix.

A - Installer FreeBSD avec pc-sysinstaller

pc-sysinstaller est le programme d'installation de PC-BSD, celui que vous avez utilisé au début de la partie 2. Sur son 3ème écran, il vous donne le choix entre PC-BSD et FreeBSD. Cette fois, nous allons choisir FreeBSD.

Image utilisateur

La procédure est identique à celle de PC-BSD. En plus simple et plus rapide, car nous n'installons cette fois que le système de base. Quand on vous l'indique, vous pouvez retirer le média d'installation et redémarrer l'ordinateur (ou la machine virtuelle) et booter sur FreeBSD.

Mais une fois le démarrage terminé, vous allez tout de suite tomber sur un message d'erreur :( :

Image utilisateur

Eh oui ! pc-sysinstaller n'est pas le "vrai" programme d'installation de FreeBSD et il n'a pas tout configuré correctement. Il va falloir retoucher quelques détails.

Commencez par appuyer sur la touche Entrée. Vous allez pouvoir vous "loguer", c'est à dire vous connecter au système en indiquant votre nom d'utilisateur et votre mot de passe. Pour l'instant, connectez-vous en tant qu'administrateur :

login: root
Password:

Saisissez le mot de passe que vous avez défini quelques minutes plus tôt pour l'administrateur (= superutilisateur = root). Vous accéderez ainsi à l'invite de commande. Quelque chose comme :

freebsd-8041#

Pour corriger la configuration du système de base, lancez tout de suite le programme sysinstall. Comme vous êtes en QWERTY, il faut appuyer sur q pour afficher a :

freebsd-8041# sysinstall

sysinstall est l'ancien programme d'installation de FreeBSD. Il est désormais supplanté par pc-sysinstaller et par bsdinstall (que je vais vous présenter juste après). Mais il est encore utile pour retoucher, après coup, la configuration d'un système déjà installé.

Image utilisateur

Dans le menu, sélectionnez donc Configure. Le plus urgent est sans doute de remettre le clavier en mode AZERTY. Choisissez Console puis Keymap. Vous pouvez maintenant choisir votre clavier. Il s'agira certainement de French ISO (accent). À moins que ce ne soit French ISO/Macbook. Vous êtes maintenant en AZERTY et vous allez pouvoir écrire normalement. sysinstall vous ramène au menu Console, dans lequel vous pouvez, si vous le souhaitez, modifier la police d'écriture (Font) ou choisir un économiseur d'écran (Saver). Quand vous en avez fini, allez sur Exit pour revenir au menu de configuration.

Descendez maintenant jusqu'à Networking puis choisissez Interfaces pour configurer les interfaces réseau. Vous voyez alors s'afficher la liste de vos cartes réseau. En principe, vous n'en avez qu'une. Elle porte un nom du style em0, rl0, ath0 ou autre selon la marque de son constructeur. Appuyez sur Entrée pour la configurer.

On vous propose une configuration IPv6 (Internet Protocol version 6). Je dois vous expliquer de quoi il s'agit.

Tous les ordinateurs reliés à internet (donc le votre aussi si vous me lisez) ont une adresse unique au monde, qui permet de les identifier, de leur transmettre des informations ou d'aller chercher des fichiers dessus. Cette adresse est généralement du type IPv4 : 4 nombres séparés par des points, chacun étant compris entre 1 et 255. Vous voulez connaître la votre ? Alors, allez sur ce site.

C'est vrai qu'on peut retrouver quelqu'un à partir de son adresse IP ?

Oui, c'est vrai : Retournez sur le site précédent, choisissez IP Location dans le menu à gauche et essayez une adresse IP : la votre, 94.121.3.4, autre chose...

Reprenons. Comme il y a de plus en plus d'ordinateurs sur le net, il n'y aura un jour plus assez de combinaisons disponibles pour que chacun ait une adresse IPv4 différente. Des adresses IPv6 ont donc commencé à apparaître : 8 nombres séparés par des :, chacun étant compris entre 0 et 65535 et exprimé en base 16. (Oui, parce qu'exprimer des nombres en base 10, c'est vraiment trop ringard...):p

En attendant, à moins que votre ordinateur ne fasse partie d'un réseau local en IPv6, répondez Non. On vous propose alors une configuration DHCP.

Un serveur DHCP est un ordinateur qui attribue automatiquement (on dit dynamiquement) des adresses IP à d'autres ordinateurs. C'est probablement le serveur de votre fournisseur d'accès à internet qui vous sert de DHCP. Cette fois, dites Oui.

Image utilisateur

Donnez un nom à votre ordinateur (Host), et un autre à votre réseau local (domain). Le reste est rempli automatiquement par votre serveur DHCP. IPv4 Gateway est l'adresse de votre modem ou « box ». En dessous, vous avez celle de votre ordinateur (ou plutôt de l'interface em0, située à l'intérieur, qui lui permet de communiquer avec le monde extérieur).

Utilisez la touche TAB pour vous déplacer d'un cadre à l'autre et choisissez OK quand vous avez fini puis 2 fois Exit et enfin Exit Install.

Vous revoici à l'invite de commande. Vous allez pouvoir vous rendre au prochain chapitre et commencer à utiliser FreeBSD. Ou alors, vous pouvez continuer à lire ce chapitre pour découvrir la méthode "conventionnelle" d'installation de cet OS.

B - Installer FreeBSD avec bsdinstall

PC-BSD, c'est fini. Maintenant, nous allons sur le site officiel de FreeBSD pour y télécharger son image ISO ou USB. Préparez votre média d'installation comme vous avez appris à le faire au chapitre Préparatifs du voyage. Redémarrez ensuite votre ordinateur ou votre machine virtuelle et bootez sur ce média.

Image utilisateur

Et hop ! Vous voici sur le menu de boot. Admirez cet écran d'accueil noir !

Comment ? Il n'y a pas d'environnement graphique sous FreeBSD ? C'est comme les vieux DOS ? Et tout est en Anglais ! :'(

Oh si, il y a des graphismes. Ou plutôt, il peut y en avoir. Mais il va falloir patienter avant de les voir. Les graphismes, ça se mérite ! ;) Cette fois, vous allez voir l'envers du décor. Et dans les coulisses, il n'y a pas de paillettes.

Quant à l'Anglais, il faut vous faire une raison. Dès que vous faites de l'informatique, vous allez trouver de l'Anglais partout. Mieux vaut vous y mettre. Alors oui, tout est en Anglais et vous allez attendre plusieurs chapitres avant de revoir du Français. Do you speak English ?:soleil: Bon d'accord, je vous rassure : dans un deuxième temps, vous pourrez franciser la plupart des logiciels et donc travailler au quotidien dans votre langue préférée.

Pour l'instant, nous voulons démarrer FreeBSD et c'est justement le choix par défaut. Vous pouvez donc appuyer sur Entrée. FreeBSD part alors à la recherche de vos périphériques et vous indique ce qu'il trouve (ou ne trouve pas). Puis il lance son programme d'installation : bsdinstall.

Image utilisateur

Welcome ! Vous voyez, il y a déjà de la couleur. :D Bon, là, il n'y a pas l'embarras du choix. Allons-y pour Install.

Mettez-vous tout de suite en mode AZERTY en choisissant votre clavier : French ISO-8859-1 (accent keys) ou French Macbook.... Puis donnez un nom à votre ordinateur.

Image utilisateur

Pour choisir dans la petite liste ci-dessus les composants à installer, déplacez-vous avec les touches fléchées puis cochez ou décochez les cases avec la barre d'espace. J'ai pris le code-source car nous nous en servirons d'ici quelques chapitres. Inutile par contre d'installer une version périmée des ports. Quand vous avez fini : Entrée.

À l'étape suivante, choisissez une interface réseau à configurer puis choisissez entre IPv4 et IPv6 avant de faire appel au service DHCP. Je vous renvoie au paragraphe précédent pour plus d'informations à ce sujet. Puis viens le choix d'un serveur DNS :

Image utilisateur

Comme vous le voyez, il n'y a pas 50 choix possibles. Un serveur DNS est une machine très importante, qui vous permettra de naviguer sur internet. Son rôle consiste à traduire une adresse "humainement lisible" comme www.siteduzero.com en une adresse IPv4 (ou IPv6) comme 92.243.25.239, et vice-versa. Pour le choisir, vous allez justement le désigner par son adresse IP à lui : 192.168.1.1, par exemple. En fait, il s'agit tout simplement de votre "box" d'accès à internet.

On continue. Vous allez télécharger FreeBSD à partir d'un serveur FTP. Choisissez-en un dans la liste :

Image utilisateur

C - Les tranches

Vous allez maintenant partitionner votre disque dur (virtuel ou réel selon le choix que vous avez fait), c'est à dire y délimiter des partitions, des zones aux propriétés différentes. Si vous êtes sur votre vrai ordinateur, faites bien attention ici à ne pas supprimer votre (ou vos) autre(s) OS.

Vous avez le choix entre un partionnement guidé et un partionnement manuel. Le choix Guided est bien sûr plus prudent.

Image utilisateur

Voulez-vous donner tout votre disque à FreeBSD (Entire Disk) ou le partager avec un ou plusieurs autres OS (Partition) ? Faites votre choix.

Image utilisateur

Si vous ne prenez pas tout le disque, choisissez la taille de votre partition FreeBSD. Par défaut, on vous propose de prendre tout l'espace libre. Inutile d'indiquer un point de montage à cette étape. Je ne sais pas pourquoi ils ont mis une ligne Mountpoint. Dites OK.

Maintenant, nous allons découper cette grande partition FreeBSD en plusieurs sous-partitions : des tranches (slices, en Anglais).

Image utilisateur

Un découpage très simple vous est proposé automatiquement. Voila ce qui signifie l'exemple ci-dessus :

ada0 est l'appellation donnée habituellement au premier disque dur. Comme souvent en informatique, la numérotation commence à 0. Ce disque ci dispose de 10 Go d'espace disque au total (oui, je sais, ce n'est pas beaucoup ;) ) et il dispose d'un Master Boot Record (MBR).

Les 512 premiers octets du disque dur d'un PC forment son Master Boot Record, on y trouve la table de partitionnement (les adresses de toutes le partitions) et le Boot Manager (le programme qui vous demande quel OS vous voulez utiliser aujourd'hui).

Ici, ce disque comporte deux partitions : ada0s1 et ada0s2. Là, elles sont toutes les deux de type BSD. Mais ce n'est qu'un exemple. Chez vous, il y a certainement une au moins une partition Windows, par exemple. Nous sommes en train d'installer FreeBSD sur ada0s1. Comme vous pouvez le voir, cette partition a été découpée automatiquement en deux tranches : ada0s1a et ada0s1b.

ada0s1b est une petite tranche swap. Lorsque la mémoire RAM est saturée, les données qu'on ne peut pas y mettre sont reditrigées vers cette partie du disque dur. Cela ralentit les programmes car il est moins rapide de lire sur le disque que dans la RAM. Et ça fait du bruit, aussi. >_ Vous comprenez, maintenant, pourquoi votre ordinateur devient bruyant quand vous exécutez quinze applications en même temps ? Tout le reste est affecté à une tranche "racine" (ada0s1a sur l'image ci-dessus), avec le point de montage /.

Ce découpage est tout à fait satisfaisant, mais vous pouvez fignoler. Les boutons du bas vous permettent de créer, supprimer ou modifier des tranches. Evitez bien sûr de supprimer une partition entière ou un disque entier. Ce serait un petit peu dommage. :waw: Vous pouvez par exemple, comme sous PC-BSD, choisir de mettre votre système au format ZFS. Dans ce cas, il faut quand même laisser une petite tranche /boot au format UFS, qui sera utilisée pendant le démarrage de FreeBSD :

Image utilisateur

Quand le partitionnement vous plaît, validez-le avec Finish puis Commit. Vos changements deviennent alors irréversibles. Le téléchargement commence et FreeBSD s'installe sur votre disque.

D - Divers réglages

Après l'installation proprement dite, il reste quelques éléments à configurer. Définissez le mot de passe de l'administrateur (root) :

Image utilisateur

Puis vient le réglage de l'heure du système. Indiquez que votre horloge n'est pas en UTC, sélectionnez l'Europe puis la France et acceptez l'abréviation CEST.

Tiens, c'est l'heure d'activer les DAEMONs facultatifs. Eh oui, FreeBSD, c'est daemoniaque.:diable:

Image utilisateur

Avec la barre d'Espace, cochez ou décochez les DAEMONs de votre choix.

  • sshd permet de vous connecter à cet ordinateur depuis un autre, de manière sécurisée, via la ligne de commande ou un logiciel comme PuTTY. Si vous n'avez pas besoin de contacter cet ordinateur à distance, sachez qu'il est encore plus sûr de ne pas activer cette fonctionnalité du tout. À vous de voir. Elle est quand même très bien sécurisée.

  • moused est indispensable pour que votre souris fonctionne.

  • ntpd, comme indiqué, assure la synchronisation de votre horloge système avec un serveur public.

  • powerd permet de réduire votre consommation d'électricité. Ne vous en privez pas.

Après, on vous propose d'activer les crashdumps. En cas de bug, cet outil sert à générer un rapport destiné à l'équipe de FreeBSD. Autant dire qu'il sert très rarement.

Dernière étape : la création d'utilisateurs ordinaires, avec le programme adduser. Créez au moins un compte ordinaire pour vous-mêmes. Voici une manière de répondre. N'oubliez surtout pas de vous inviter dans le groupe wheel. Seuls les utilisateurs inscrits dans ce groupe peuvent utiliser la commande su pour devenir root et accomplir des tâches d'administration. Quand vous ne répondez pas à une question, la réponse entre crochets est choisie par défaut. Rien ne s'affiche quand vous saisissez votre mot de passe, mais vous avez l'habitude, à présent. ;)

Image utilisateur

Lisez le petit récapitulatif, confirmez et indiquez si vous voulez créer d'autres utilisateurs.

C'est fini. Retirez votre média d'installation et redémarrez.

Découvrez aussi ce cours en...

Exemple de certificat de réussite
Exemple de certificat de réussite